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Cabaret Prévert

D’après divers textes de Jacques Prévert : extraits du scénario des Enfants du Paradis (1943-1945) de Marcel Carné, des recueils Paroles (1946) et Spectacle (1951) et du livre de photographie Le Cirque d’Izis (avec Marc Chagall et Izis, 1965).

« Il suffit d’une toute petite pierre pour faire sur l’eau les plus beaux ricochets et, sur la plus pauvre place du plus pauvre des villages, il y aura toujours, ou longtemps encore – ce qui revient au même – le plus pauvre des petits cirques, enluminé de mille diamants : les éclats de rire des enfants. »

Mise en scène et dramaturgie : Léa Binsztok et Paul Meynieux

Le « Cabaret Prévert » c’est la vie d’une troupe, qui va de villages en villages, poser ses tréteaux de fortune, pour jouer. C’est comme le théâtre aux armées planté au beau milieu du théâtre des hostilités. C’est le cirque de la vie, comme sur le petit écran où se déroule quotidiennement la fastidieuse et inquiétante entretuerie des actualités télévisées.

C’est la vie, dans ce qu’elle a de grandiose, et de pathétique, la vie des acteurs et de leurs personnages. C’est la petite vie de Baptiste, de Garance, de Frédérick ou de Nathalie, qui ont quitté le film de Carné et l’écran des cinémas de quartier, pour venir à Clermont-Créans, se produire aujourd’hui devant vous. Oui, tous ces personnages sont bien vivants aujourd’hui ! Et soit dit entre nous : la vie, la mort, le théâtre, c’est pas la lutte gréco-romaine où des Alexandres de douze pieds se mesurent et se césurent avec des Britannicus à trois dimensions, sur le ring des trois unités. C’est bien le cirque ! Enfin, si ce n’est pas le cirque, c’est tout comme ! Oh, bien sûr vous me direz : « Il n’y a pas de clown dans le Cid. Pas plus qu’il n’y a de Cid dans la vie. » Mais, de nos jours, Puck, Ophélie, Troïlus, Cressida, Roméo et Juliette courent encore les rues, comme les criminels de guerre, les Polonius, les Palotins, les Pères Ubu. Chez Shakespeare, Ariel et Caliban, c’est tout aussi vivant que Footit et Chocolat sur la piste nautique du Nouveau Cirque d’autrefois, rue Saint-Honoré à Paris.

Si vous ne nous croyez pas, vous verrez ! Entrez. Entrez et venez voir Les Dangers de la forêt ou le Crime et la Vertu, grande pantomime féerique exotique et pyrotechnique ! Seize changements de décors à vue dont un décor nouveau… Mêlés de chant, de danses, de sauts de carpes… Fusées volantes… Combats à l’arme blanche, montagnes russes… Douches écossaises et grand tam-tam africain. Entrez, et vous verrez une fillette de quinze ans poursuivie par un lion de l’Atlas… Un incendie de forêt… Un enlèvement en ballon… Et la petite reine des gens du voyage présenter son python rose… Et le nain au chapeau blanc sortir de sa roulotte pour entrer en piste ! Et vous nous verrez… Et vous vous verrez vous-même… Rêver.

Distribution

Léa Binsztok Le Clown
Olivier Debbasch Jacques
Juliette Dubloc Nathalie
Camille Gélin Garance
Paul Meynieux Baptiste

Balthazar Monge Le Chef de troupe
Charles Patault Frédérick


Création lumière et régie Clément Ménard
Costumes Atelier Costumes du Studio Théâtre d'Asnières